MARTIGNAS arrow Nauplie (Grèce)
 
Le jumelage entre Nauplie et Martignas date du 16 avril 1988.
19-06-2007
Il s'agit du premier jumelage entre une ville française et une ville grecque.
Dernière mise à jour : ( 19-06-2007 )
 
 
Nauplie, première capitale de la Grèce moderne
21-08-2006

Carte de la Grèce, avec indication de NauplieSur la côte est du golfe argolien, à l’ombre d’un éperon rocheux et d’une haute colline abrupte, la ville de Nauplie émerge, seule, fondée sur la mer omniprésente qui l’entoure et encadrée d’un admirable paysage naturel.
Depuis des milliers d’années, cette cité où s’épanouit jadis la civilisation grecque, n’a jamais cessé d’attirer et séduire les hommes par le spectacle magique qu’elle offre à l’étranger émerveillé.

 

Théâtre d’une histoire souvent violente, Nauplie a longtemps vécu sous le signe de l’invasion et de la conquête.
Constamment transformée par les civilisations qui la traversèrent, la physionomie de Nauplie offre aujourd’hui au regard du visiteur une majestueuse leçon d’harmonie où se mêlent Antiquité, Renaissance, Baroque, Classicisme et Eclectisme.

 

Légendes et mythes

La terre argolienne, ou Argolide, est le berceau de grandes civilisations et le centre des légendes grecques les plus anciennes et les plus importantes.

 

Le fort du bourdzi, à Nauplie
Le Bourdzi
Selon la mythologie, Nauplie aurait été fondée par Nauplios, fils du seigneur des eaux, le dieu Poséidon, et de la fille des sources, la danaïde Amymone. Né en Eubée, il participa à l’expédition des Argonautes, devient un grand navigateur et vint jeter l’ancre dans le golfe de l’Argolide, devant la péninsule rocheuse où il fit construire la cité de Nauplia. Excellent astronome, c’est lui qui découvrit la constellation de la Petite Ourse.

 

Les Naupliens, dotés par leur ancêtre de ses connaissances en astronomie et en navigation, se révèlent inventifs, non seulement dans le domaine maritime, mais également en agriculture. La tradition leur attribue notamment l’invention de la taille de la vigne, dont ils ont compris la nécessité en observant le meilleur rendement d’une vigne qui avait été “taillée” par un âne qui en avait mangé les branches.

Clocheton surplombant la mer
Le golfe argolien

 

Antiquité

Mentionnée par le géographe Strabon et dans Oreste d’Euripide, la Nauplie de l’Antiquité n’a pas laissé grands témoignages. Relativement puissante au VIIIe siècle av. J.-C., elle fut détruite vers 600 av. J.-C. parce qu’elle était alliée de Sparte et sera alors utilisée comme arsenal et port des Argiens. Nauplie redeviendra importante à l’époque hellénistique, vers 300 av. J.-C.

 

Epoque byzantine et domination franque

Après l’expansion du Christianisme au Péloponnèse, Nauplie sera maintes fois envahie. D’abord par les slaves, au VIe siècle. Au XIIe siècle, la position stratégique de Nauplie attire l’intérêt des Byzantins, après la défaite des Arabes en 1032. L’Acronauplie est fortifiée et Nauplie devient un centre administratif et commercial.
Après la chute de Constantinople en 1204, les Francs, vainqueurs de la quatrième croisade, tentent de conquérir Nauplie. Ils s’en rendent maîtres en 1212. Leur domination sur les forteresses de Nauplie et Argos durera jusqu’à la fin du XIVe siècle.

 

Première domination vénitienne (1389 - 1540)

En 1389, à la mort de la dernière héritière franque, Marie d’Enghien, la toute-puissante sérénissime République de Venise prend possession de Nauplie. Forteresse la plus forte de la région, elle restera sous sa domination et sa protection pendant 150 ans. C’est dans cette période que naît la nouvelle ville.

 

Carte ancienne de la ville de Nauplie
La nouvelle ville
La nouvelle ville

Vers 1500, les habitants, jusque là retranchés dans les fortification de l’Acronauplie, s’étendent au pied nord de la péninsule rocheuse. Les Vénitiens renforcent d’abord les fortifications existantes des Francs et des Grecs sur l’Acronauplie, puis étendent la fortification vers l’est – construisant la citadelle des Tores – et à l’île qui protège l’entrée du port, appelée Bourdzi.


Suite aux attaques turques, une grande foule, venant des régions du Péloponnèse perdues par les Vénitiens, afflue à Nauplie. La ville s’étend alors au-delà de ses murailles, dans la région marécageuse située plus au nord. La ville nouvelle y sera construite par des ingénieurs spécialisés, venus de Venise. Remblayage sur pieux de bois, rues s’ouvrant suivant un plan rectangulaire, tissu urbain organisé autour de deux artères principales (nord-sud et est-ouest), muraille d’enceinte, telles sont ses principales caractéristiques.
Nauplie devient l’une des villes les plus belles, les plus riches et les plus peuplées de l’Orient. En 1530, elle compte 10 000 habitants.

 

Première domination turque (1540 - 1686)

La grande mosquée de Nauplie
La grande mosquée édifiée en 1730 par Aga Pacha

Convoitée par les Turcs, Nauplie tombera sous leur domination en 1540, après avoir été largement détruite et sa population décimée. La ville renaîtra très vite pour devenir l’un des centres les plus importants du commerce d’import-export du Péloponnèse.
Pendant 150 ans, s’instaure une période de cohabitation pacifique entre les Grecs, Juifs et Turcs qui composent sa population. Les édifices détruits sont reconstruits ; la ville et l’Acronauplie sont agrémentés de grands édifices publics et privés, de mosquées, de fontaines et de bains, dont seuls quelques rares vestiges subsistent encore. En 1686, 8 000 habitants et 3 000 soldats turcs vivent à Nauplie.

 

 

Deuxième domination vénitienne (1686 - 1715) 

Ayant une connaissance directe de l’importance stratégique et commerciale de Nauplie, les Vénitiens décident de sa reconquête. Après un siège rapide, de terre et de mer, et de violents bombardements qui détruisent totalement la ville (seules trente maisons restent debout !), les Turcs capitulent et quittent la ville.


Afin de consolider leur pourvoir dans la région, face à leurs rivaux turcs dont le blocus se resserre sans cesse, les Vénitiens renforcent toutes les fortifications existantes (et qui étaient demeurées intactes) et érigent une citadelle sur le mont Palamidi qui domine la ville. Nauplie devient la capitale de la Morée et s’appelle désormais “ Napoli di Romania ”.
En 1700, la ville compte 5 904 habitants.


Nauplie se transforme alors en “ ville européenne sous tous les rapports ”. Des églises et des bâtiments publics, dont certains ornent toujours la ville moderne, sont édifiés. En 1713 est construit l’arsenal, ainsi que les églises Haghios Nicolaos et Haghios Spyridon. L’église Haghios Gheorghios est décorée de fresques de l’Ecole Italienne de la Renaissance, parmi lesquelles figure une copie de la Cène de Léonard de Vinci.

 

Deuxième domination turque (1715 - 1822)

Le fort du palamidi, surplombant Nauplie
Le Palamidi

En 1714, une nouvelle guerre est déclarée entre Turcs et Vénitiens. Face aux 120 000 Turcs résistent seulement 1 700 hommes. La trahison du chef (français) de l’artillerie de Palamidi accélère la chute. Nauplie est conquise en quinze jours. Elle redeviendra capitale du Péloponnèse pour peu de temps.

 

En 1786, Mora-Pacha transfère son siège à Tripoli. Le déclin de Nauplie commence.
Destituée de ses pouvoirs administratifs, ses habitants grecs partant pour l’étranger, elle se transformera peu à peu en une ville provinciale turque qui exerce seulement quelques fonctions militaires et portuaires. La ville ne compte plus alors que 4 000 habitants.
Perdant le prestige cosmopolite et européen acquis au cours de la période précédente, Nauplie se couvre de mosquées, de hammams et de maisons hautes et étroites avec des pièces saillantes. La méfiance des Turcs à l’égard des étrangers renforce la lourdeur de son atmosphère. Seules les forteresses conservent leur grandeur.

 

Nauplie, première capitale de la Grèce moderne (1828 - 1834)

En 1821, les Grecs révoltés veulent reconquérir leur cité. Après un premier siège resté sans résultat, les Grecs prennent possession de Nauplie le 30 novembre 1922. Jusqu’à la fin de la Guerre de l’Indépendance, Nauplie restera libre.
Au début de 1823, un décret de l’Assemblée parlementaire, ratifié par l’Assemblée exécutive, désigne Nauplie comme siège du Gouvernement grec. En 1827, un décret de la Troisième Assemblée nationale des Grecs désigne la ville comme “siège du Gouvernement”.

 

Rue de Nauplie avec bougainvillées pendant aux façades
Nauplie et ses bougainvillées aujourd'hui
En janvier 1828, le premier gouverneur de Grèce, Ioannis Kapodistrias, débarque à Nauplie.
Il entreprendra la modernisation de la cité. Sont notamment fondées la première “école mutuelle” de Grèce, l’école “Centrale” militaire, le palais du Gouverneur, l’Ecole agricole de Tirynthe et la première école élémentaire.
En 1830, cet homme, figurant parmi les plus grands politiques de son époque, offrira le plus beau cadeau à sa patrie : le Protocole de Londres, par lequel est reconnue l’indépendance de l’Etat Grec. Il mourra assassiné à Nauplie le 27 septembre 1831.

 

En février 1832, Othon, fils cadet de Louis de Bavière, sera choisi par les Trois forces protectrices, après initiative de l’Angleterre, comme roi héréditaire de Grèce. Accueilli avec enthousiasme à Nauplie un an plus tard, il y restera jusqu’à la fin de 1834, date à laquelle le “siège royal” sera transféré à Athènes.

 

 

Nauplie aujourd'hui

Chef-lieu du nome de l’Argolide, à l’est du Péloponnèse, Nauplie est aujourd’hui une commune moderne et touristique de quelque 12 000 habitants, qui inclut dans son tissu urbain un grand nombre de monuments couvrant toutes les périodes de sa longue histoire.
Ces monuments, avec son paysage naturel, forment sa physionomie architecturale où l’ancien cohabite avec le moderne, produisant ainsi le miracle de l’a-temporalité.

 

 

Dernière mise à jour : ( 30-10-2006 )